Devant l'excitation de ma mère je ne pouvais rien dire, je ne voulait pas la blesser. Elle laissait sa joie éclater sans même prendre conscience de mon état, elle parlait, parlait, je n'avais qu'à approuver chacune de ses questions.
- Ça va être super, ma chérie, tellement plus calme, plus beau, et plus spacieux, ici pas de bruit de klaxon juste le chant des oiseaux, le bruissement du vents sur les immenses forêts alentours, tu n'es pas d'accord avec moi Eléonore ?
Elle m'adressa un sourire resplendissant du siège passager à l'avant de la voiture, tandis que papa me faisait un regard du rétroviseur du genre approuve et elle te laissera tranquille. Je me contentai de lui adresser un sourire, elle parut satisfaite.
Quel cauchemar ! J'aurais voulu crier après mon père qu'il stoppe la voiture et qu'il fasse demi-tour vers Paris et que nous reprenions la vie où on l'avait laissé, j'aurais voulu ne jamais quitter ma maison, ni mon lycée, ni mes amis. Moi je m'en fichais de la pollution, du bruit, des gens, j'avais toute ma vie là-bas. Rien ne pourrait me faire changer d'avis même pas le soleil d'ici, le ciel sans nuages, le calme, les forêt verdoyantes et denses,.. rien! Ce curieux sentiment se glissait en moi, un sentiment qui se répondait à travers mes veines comme la peste déchirant mon c½ur et mes entrailles, anéantissant les cellules de mon cerveau provoquant un brouhaha assourdissant qui m'empêchait de réfléchir correctement. Mes yeux me brûlaient comme si cette émotion avait agi tel un acide liquéfiant mes souvenirs et que mon cerveau comme pour arrêter la douleur avait voulut faire sortir ce poison par mes yeux répandant sur mes joues le liquide salé et amer du désespoir. Je ne put retenir mes larmes, je m'empressai de les essuyer ne voulant pas attiser un nouveau sentiment, celui de la culpabilité devant le regard déçu de maman.
- Nous sommes arrivés, déclara papa en stoppant la voiture devant une immense demeure en pierre souillée par le temps et entourée d'autres maisons du même style. Le quartier était calme et chaud, très chaud, trop chaud.
Après être descendu de la voiture je franchi la porte en bois lisse et vernis. Je pénétrais dans la maison qui en contraste avec l'extérieur était sombre et froide. Les fenêtres et les volets étaient fermés, malgré l'obscurité on distinguait les cartons de déménagement un peu plus loin. Devant moi s'étendait les escaliers en bois.
Soudain, un courant d'air froid et violent me fit trembler tandis que la porte se refermait dans mon dos dans un claquement assourdissent qui me fit sursauter. Mon c½ur tambourinerait dans ma poitrine, et pour je ne sais quelle raison ma respiration s'accéléra. Je me retrouvais presque dans le noir, n'osant plus bouger. J'attendis dans cette atmosphère étouffante je ne sais combien de temps, mes reins me faisait mal à cause du froid. Je voulut appeler maman ou papa mais ma gorge se contracta. Le froid engourdissais mes membre et ma respiration devint saccadée, je n'était plus dans le hall de la maison mais dans une immense grotte humide et glacée. Des écritures se dessinaient sur les murs, des hommes, ou quelque chose qui leur ressemblait, tout se brouilla...
- Voyons Eléonore chérie, pourquoi restes-tu là en plan ?!Demandait ma mère en me ramenant à la réalité, ma réalité.
Elle ouvrit quelques volets.
- Quel beau ciel, pas un seul nuage, quel beau sol... ça va ma chérie tu es toute pâle.
Je me ressaisit comme si on m'avait électrocuté.
-Oui oui maman je vais bien, ça doit être la voiture, tu sais que je suis souvent malade dans ces engins là... ,je finis par un petit sourire encourageant.
Elle me rendit ce sourire comme si elle était las d'être autant heureuse.
- Tu ne peux imaginer à quel point je suis excitée à l'idée de vivre ici ma chérie, quand ton père m'a dit qu'il avait été muté ici à St Augustin j'ai cru que je rêvait.., enfin du changement, elle se pencha sur le rebord d'une des fenêtre ouverte pour observer le quartier silencieux. Paris,Paris,Paris répétait-elle c'est une bien jolie ville mais y vivre c'est pas vraiment le bonheur, le métro, le monde, la pollution..
- J'aime Paris..
Elle se retourna brusquement. Je baissai la tête.
- Oui je sais, mais tu vas aimer cette ville encore plus je te le promet, c'est une très vieille ville, un tas de légendes circules ici, il est dit que des créatures au visage d'ange rendrait fou les personnes qu'elle croisent.
Il y eu un moment de silence.
- Tu essais de m'effrayer, maman? dis-je avec un sourire
Elle éclata du rire enfantin pour lequel mon père l'avait épouser.
- Fais comme même attention les habitants de cette bourgade y croient dur comme fer, l'agent immobilier était persuadé que tu étais une espèce de tueuse de démons ou quelque chose comme ça,..Bizarre, bref, ta chambre est au 2ème étage elle est magnifique tu verras.
Puis elle partie au dehors.
Essayant d'oublier cette nouvelle hallucination je pris la direction des escaliers. Des démons? Voilà qui devrait être bien amusant, non?
Ma chambre, elle aussi était dans le noir. Lorsque mes volets furent ouvert je put alors la contempler. C'était une immense salle aux murs clairs. Il y avait trois grandes fenêtres, un dressing caché sur le côté d'un mur, un plafond haut où dépassait de grosses poutres peintes de couleurs clairs, elles aussi. La grande fenêtre donnait vue sur les quartiers environnants, la chapelle, des forêts, ainsi que d'autres bâtiments dont je ne connaissait pas la fonction. J'aimais ma chambre, elle était belle et accueillante, simple et gracieuse, elle serait mon reperd. Je passai ma journée à défaire mes cartons.
Lorsque le soir arriva, je sentit la douce fraîcheur du soir s'immiscer dans ma chambre par la fenêtre ouverte. Le soleil sonnait déjà son crépuscule tandis que le chant des oiseaux s'évanouissai peu à peu. Je m'approchai de l'ouverture pour sentir l'humidité du soir. Je me laissai alors emporter pas le paysage; oh je dois reconnaître fort plaisant. Une brise fît trembler les feuilles hautes des sapins se dressant fièrement les uns au dessus des autres, tandis que filtrait de fin rayon du soleil éclipsé derrière la cime. La forêt dégageait une magnifique atmosphère de sérénité poliment déguisé. Une agréable odeur de bois humide me montait jusqu'aux narines.
- VROUMM...
Un chauffard estompa les effets de mes douces songeries, dans un sursaut où je détournai la tête précipitamment, me cognant au passage contre l'encadrement de la fenêtre j'inspectai la rue,un 4x4 noir filait à une vitesse hallucinante sur la route, le chauffard accéléra comme un dérangé, provoquant un couinement de pneus horrible, le conducteur se plaisant apparemment à faire le plus de fracas possible. Une douloureuse vague de nostalgie monta en moi, se répandant à une vitesse grand V jusqu'à mes yeux, les voitures folles étaient évidement d'usage constant à Paris. Des larmes coulaient maintenant sur mes joues blanches, rafraîchies pas le froid. Je contemplai les lumières de la ville qui s'étendait devant mes yeux sans les voir. D'ailleurs elles ne s'étendaient pas si loin, car la ville étant plutôt humble et rien sans ses forêts voisines, cette pensée inonda littéralement mes joues, je ne fit rien pour réprimer mes sanglots. Ils s'échappaient sans que je puisse les contrôler, je me retirai de la fenêtre, que j'entrepris de refermer tout en essuyant mes larmes sur le revers d'une de mes manches. La fenêtre restait coincé dans mes mains secouées de tremblements incontrôlable, je fini par claquer cette maudite fenêtre et m'effondrer sur le parquets de la chambre, mon visage entre mes mains.
Le soir dans mon lit je repensais à Lola ma meilleure amie et à tous les gens que j'avais laissé derrière moi. Je m'endormis avec cette entaille à l'esprit, en contemplent les portraits de ceux qui se trouvaient ,oh grand ciel miséricorde ,loin de moi.
J'entendais vaguement des oiseaux siffloter, le balancement des hautes feuilles de la forêt prises dans une brise près des nuages. J'écoutai le bruit du ruisseau juste devant moi, me concentrant juste sur ce bruissement comme si l'eau m'avait chuchoté un doux poème. Il me parut absurde t'entendre autant de bruit alors qu'un seul ne m'intéressait, il était si étrange t'entendre.. j'entendais la vie autour de moi tout en saisissent son sens il m'échappait comme lorsqu'on part chercher quelque chose et que lorsque nous nous trouvons là où on aurait pu le trouver la mémoire nous perd et nous oublions la chose ou la raison qui nous a amené en ce lieu. Tout était calme et paisible je me sentait bien au chaud, heureuse, comblée, comme si j'avais mérité tout ceci, comme si mon voyage ou ma destinée s'était accomplie, comme la fin d'un tunnel long, très long. Les murmures de la nature s'estompèrent. Plus rien ne bougeait autour de moi, je me trouvai dans une pièce froide inconfortablement allongé sur quelque chose de dur, je n'osait ouvrir les yeux, voulant revenir où je me trouvai quelque instant plus tôt, mais où étai-je avant ? J'ouvris les yeux des lumières étaient pointée sur moi, j'étai étendu sur une table en pierre une énorme lumière jaune et brûlante était suspendu au-dessus de moi, me rendant aveugle, des ombres bougeaient autour de la table, des voix s'élevaient de ces silhouettes noires, je me concentrai alors pour comprendre le sens des mots..
- Ma belle Hélène, bientôt ensemble réunis, il ne me reste plus qu'a lui prendre...
Quelque chose dur frôla mon visage s'était chaud et équerrant je n'aurais su dire pourquoi. Je refermai les yeux priant de toute mes forces pour partir d'ici, cependant je semblai affaiblie. Néanmoins un changement s'opérait. J'ouvris les yeux dans un champs, le crépuscule s'étendait au loin. Le bruit me fit croire que j'étai retourné dans mon merveilleux endroit mais il sonnait d'une nature complètement différente, un étrange sentiment de peine incontrôlable s'épanouissait en moi comme une Belle de Nuit, le désespoir d'une cause perdu me tuait à petit feu comme une fleure que l'on aurait vue faner chaque jour un peu plus. Tout autour de moi des gens se battaient, avec des sabres, des couteaux,.. le sang coulait à flots. Les combattants étaient différents certains volaient d'autre ressemblaient à des monstres. Un de ces êtres me sourit et couru vers moi, je voulut partir mais mes pieds restèrent bloqués, son sabre me transperça la poitrine.
Je me réveillait en sursaut. La respiration saccadée j'eus du mal à me ressaisir, ma chambre me paraissait froide et effrayante pleine de monstres, et de victimes. Ce n'était qu'un simple cauchemar et pourtant une sensation de déjà vécu montait en moi comme une réalité.
L'aurore filtraient au travers des volets, répandant sa lumière sur les affaires avachie sur le sol telles des êtres désespérés, on commençait à voir les ombres difformes des meubles tels des énormes monstres estropiés, les boîtes en cartons vides ou pleines gisant dans chaque coin de ce désordre, la porte de la penderie ouverte laissait place à un monstrueux trou noir qui laissait le passage aux créature de l'au-delà...
Je restai pétrifié pendant un instant, là assise dans mon lit, froid et hostile, écoutant mon c½ur tambouriné dans ma poitrine comme le bruit du canon. Peu à peu son battement s'apaisait, ainsi que me respiration. Une boule immense se formait cependant dans le creux de mon estomac. Je décidai cependant de me levé et me précipitant comme une aliénée vers ma fenêtre pour y ouvrir les volets. Ce ne fut pas étonnant qu'avec mes tremblements incontrôlable et mon infini maladresse je dus mi reprendre à plusieurs fois. Enfin lorsque j'y parvenus j'ouvris les volets dans un grand geste impatient les laissant claquer sur le mur. Laissant le soleil s'engouffrer dans la pièce, illuminant mon visage. J'observai la ville éclairée par la lumière vive du soleil. On entendait le bruit des moteurs des voitures, le bruit des conversations du voisinage, le chant lointain des oiseaux s'élevant depuis les forêts. La brise soufflait sur les hauts sapins venant se répercuter dans mes oreilles comme un murmure macabre. La ville était certes moins vaste que Paris, mais s'étendait tout de même loin devant moi. Des centaines de cartiers de maison entouraient la mienne, suivit par des bâtiments. Je voyait la poste, que je reconnut avec son logo jaune, la grande chapelle, le cimetière, étrangement étendu, cependant je me souvenait que ma mère m'avait raconté que la ville était vieille et avait une longue histoire, d'ailleurs une grand-mère de mon père avait un jour habité ici. Bref assez de blabla pour ce matin, voyons ce que va nous proposer le dieu du petit déjeuné!
Je passai le reste de la semaine à finir les rangements de ma chambre, à faire le ménage avec ma mère, à tondre la pelouse du jardin, quelque chose dont je n'avait pas l'habitude d'avoir à Paris, un coin de verdure bien à nous entouré de thuyas avec un petit trou d'eau plein d'herbes hautes. D'une certaine manière faire tout ceci m'aidait à ne pas trop penser, ni à mes amis, ni à Paris. J'attendais avec une sérénité déconcertante l'entrée dans mon nouveau lycée, le fait de ne connaître ni lieux, ni professeurs, ni amis, ni personne ne m'angoissait curieusement pas. Ni même le fait de devoir rester la semaine à l'internat.
Lundi matin ma mère me sortit de mes douloureuses pensées alors que je prenais mon petit déjeuné.
- J'ai fait connaissante d'une charmante dame ce matin alors que je jardinais, disait-elle souriante en s'asseyant sur une chaise à côté de moi qui entourait la table ronde de la magnifique et immense cuisine dont disposait la maison. Elle habite dans la rue voisine, et il se trouve que sa fille cadette, Sophie, va elle aussi entrer en seconde au lycée. Vous pourriez peut être faite connaissance.
Alors comme ça maintenant c'est ma mère qui me trouve mes amies ? Non mais je rêve, il manquait plus que ça! Et puis je veux plus d'amis si c'est pour les perdre encore, c'est non je veux plus souffrir!
- Léo, alors tu en pense quoi ? insistait ma mère apparemment inquiète et de mon silence.
- Oui,..on verra marmonnai-je en me levant pour aller mettre mon bol de dans l'évier, je vais m'habiller.
Et je sortis de la cuisine sans lui jeter le moindre regard. Dans le couloir je croisai mon père.
- Bonjour, Léo, comment va... Léo ? il parut surpris par mon air irrité.
- salut!
Puis je me précipitai dans les escaliers pour rejoindre ma chambre. Je claquai la porte d'un geste brusque et me laissai tomber sur mon lit les bras en croix. Ma vie ici allait être un vrai cauchemar, un sentiment d'amertume se propageait en moi comme une immense vague aurait aspergé la roche des falaises, l'eau salée s'éparpillant sur toute la pierre identiquement que mes larmes s'écoulant sur mes joues. J'avais réussi deux jours sans pleurer et à la première bévue de maman, mon visage se noyait sous les flots de pleurs.
La journée se passait tranquillement, sans autre impair. Je passai vers 15 heure le cou de fils habituel à Lola, ma meilleure amie. Tout allait bien pour elle. Elle s'était rapproché d'autres filles, mon départ de semblait pas l'affecter autant qu'à moi apparemment! Moi qui pensais compter un peu dans sa vie me voilà réduite au rang de connaissance. A 16h ennuyée de regarder les toits des maisons depuis ma chambre, je me chargeais d'accorder le piano, qui était toujours cacher sous un draps au rez-de-chaussée.
La poussière accumulée à l'intérieur de l'objet était impressionnante. Cette activité me parut beaucoup plus difficile que prévu, au bout de 1h lorsque je commençais à m'énerver ma mère vint tourner autour de moi, elle avait quelque chose à me dire, elle avait vraiment aucun de tact.
- Quoi ? lui aboyai-je
Elle parut gênée en même temps qu'elle réfléchissait, mais de quoi avait-elle peur, moi ? Sa fille, on aura tout !
Elle poussa un soupir et sourit.
-J'ai fait la connaissance d'une de nos voisine, une dame très charmante, ma mère aurait pu qualifié un SDF de charmant, elle habite sur le trottoir d'en face à trois ou quatre maison de la notre. Elle m'a donnée d'excellents conseils pour mes tomates. Et..
- Tu m'en a déjà parlé ce matin, rappelai-je
Elle parut pensive et sourit de nouveau.
- Oui... Bref, on a parlé un peu et elle...
- Tu vois pas que je suis occupée, maman ?
J'était sûre que cette satanée voisine nous avait invitée à dîner, ou quelque chose du même genre, une chose dont je me serais bien passée, je détestais me retrouver chez gens que je ne connaissait ni d'Adam ni d'Ève.
Cette fois elle ne souriait plus, affichant une mou contrariée devant mon expression peu suave.
- Je n'en ai plus pour longtemps on continuera cette discussion lorsque j'aurais terminé, dis-je alors prise de remords, comment pouvait-elle me faire ressentir autant de culpabilité.
Son visage s'illumina, et elle sourit de nouveau.
- D'accords tu me diras quand tu auras fini Léo chérie.
Et elle s'éloigna d'un pas léger.
Non mais j'hallucine c'est qui, qui est sensé être la fille dans l'histoire ?
Bref, j'abandonnai une heure plus tard ma triste tentative d'accorder ce stupide instrument, papa s'en chargera, vite j'espère.
Comme je l'avais devinée cette charmante voisine nous avait gentiment invité à manger dans sa ravissante maison. Mais pire encore.
- En plus tu ne t'ennuiera pas, ma puce, elle m'a confié qu'elle avait deux enfants, un garçon de 18 ans et une fille de 15 ans, le même âge que toi qui rentre elle aussi au lycée de St Augustin. Vous pourriez devenir amies, qui sait ? dit-elle perdu dans ses pensées avec un haussement de sourcils.
Oui qui sait ? Elle me dégoûte.
Bon, maintenant va te préparer ils nous attendent pour 19 heures, Léo chaton.
-Tu aurais pu mettre une tenue un peu plus décente, tout de même, se désespérait ma mère.
Il était 19h15, j'avais mis autant de noir sur moi que mon maquillage et ma garde robe le permettait, mes longues boucles noirs soigneusement ébouriffées.
- Richard dis quelque chose, enfin ! lançait-elle à moitié en larmes à mon père.
Il marchait à côté de nous réfléchissant, la plainte de ma mère le fit lever les yeux sur moi.
- Catherine, elle à fait l'effort de venir je ne vois pas de quoi tu te plaints, dis celui-ci.
Maman parut vexée mais elle n'ajouta rien et accéléra le pas se plaçant devant nous, papa me fit les gros yeux, pff.
- Mme Emery, entrez, entrez, dit la femme en embrassant ma mère, Oh vous devez être Mr Emery. affirma-t-elle en l'embrassant de même.
- Richard, yoyons.
- Oh appelez moi Clarence, et oh ce doit être la charmante Eléonore, dit elle en avançant vers moi pour m'embrasser. Par réflexe je lui tendit la main. Son sourire s'effaça quelque peu et j'entendis un fou rire venant de l'intérieur. Clarence me serra la main.
C'était une femme d'une quarantaine d'année environ, fine et très souriante. Ses cheveux étaient coupés court et blond, elle avait une allure magnifique et élancé.
Elle me présentait la porte de chez elle avec son bras gracieux, elle me souriait. Je lui rendis une espèce de grimace qui avait pour origine un sourire, le tien parut encore plus éblouissant. Mon père me lança un regard de reproche, je détournai vite les yeux.
L'entrée était spacieuse et les tamisée, les papiers peints rose étaient recouvert de décorations, de cadres, de portraits, de bougis, c'était étouffant. Je sentis une bouffée de chaleur montée, la porte était encore ouverte, je pouvais encore partir.. Clac!
Non trop tard.
- Bonsoir, Eléonore dit une voix grave et accueillante.
Mon c½ur s'allégea soudain, et je me sentis mieux comme si je venais d'apprendre une bonne nouvelle, étrange.
Un homme me tendait la main, il était grand, plus grand que papa et ce n'était pas peu dire car papa mesurait déjà un mètre quatre-vingt dix. Il avait des cheveux et des yeux clairs comme sa femme. Je lui serrai la main.
- Juste Léo, je veux dire tout le monde m'appel comme ça.. Monsieur..
- Régis,je t'en pris Léo, je suis ravi de faire ta connaissance.
Sa femme apparut derrière moi en posant ses mains sur mes épaules, elle sourit d'un air réconfortant.
- Je te présente Sophie, ma fille, dit-elle me tournant vers elle par une légère pression des mains.
Elle me fit un geste de la main énergique accompagnée d'une petite mimique. Elle contrastait bizarrement avec le décor le pièce, elle avait un style assez original. Ses long cheveux lissent étaient d'un blond presque blanc. Le bleu de ses yeux était accentué par beaucoup de maquillage noir, elle portait une petite robe bustier également noir. On aurait dit un personnage sortant tout droit d'un manga, sans oublié le fait qu'elle était vraiment jolie. Cela suffit à me donner la nausée,enfin ça aurait suffit à me la donner si je ne m'était pas sentit étrangement décontracté malgré ça je me sentait toute débraillée avec mon simple coup de crayon noir comparé à son maquillage impeccable. Au moins elle avait l'air gentille. Quel réconfort!
- Je suis désolée mon fils à beaucoup de travail il ne pourra pas se joindre à nous ce soir, entendu-je dire Clarence à mes parents, alors que Sophie m'entraînais déjà dans les escaliers je ne sais où.
- Salut alors c'est toi Eléonore, enfin Léo, je dois dire que j'avais hâte de te rencontrer, mais tu sors jamais ou alors on se rate tout le temps. C'est le directeur du lycée qui a annoncé que t'allais venir vivre ici, il s'appel Monsieur Fluty, tu le connais sûrement pas, mais tu vas le rencontrer lundi c'est un proviseur génial tu verras, alors tu viens de Paris, c'est ça? C'est magnifique Paris je rêve d'aller faire les magasins et d'aller à la J-E... Eléonore , excuse moi si je parle trop je suis tellement excité de faire une nouvelle connaissance ici c'est rare les nouveaux arrivant, dit -elle en s'arrêtant sur le deuxième palier en me regardant avec une expression désolée.
Elle avait réussi a déverser un nombre tellement incroyable de mots en un temps si infime que j'en restai bouche bée.
- Heu... la J-E ?dis-je sans réfléchir, encore abasourdi .
Elle attendit que je sois à côté d'elle pour répondre en souriant avec un rythme de parole plus contrôlé.
- Oui, c'est génial, susurrât-elle, j'adore le japon, les manga, la musique, les films, les dramas..
Ça expliquais le style vestimentaire.
- Tu es une fan du japon ?
- Tu rigole, je suis une groupie ! dit-elle en souriant.
Je ne peut réprimer moi-même un sourire elle était si naturelle.
- Allez viens je vais te montrer ma chambre, annonça-t-elle en me prenant par le poignet.
C'était une chambre très atypique, comme le personnage, des murs foncés et recouvert de posters de groupes que je ne connaissait pas, des meubles en bois noirs, des rideaux noirs, un sol en damné noir et blanc, ainsi que d'immenses étagère où étaient rangé des centaines de mangas. La décoration était recherchée et ne collait pas du tout avec le reste de la maison, enfin de ce que j'avais pu voir.
- Ta chambre est superbe, ne pu-je m'empêché de constater.
- Oh t'es trop Kawai, ronronna-t-elle et elle me pris dans ses bras en me serrant contre elle.
- Gomen, si je te parait un peu indiscrète mais je te connais à peine et je t'adore déjà, j'espère qu'on deviendra super amies.
Je n'avais aucune idée de ce que « Kawai »et « Gomen » pouvaient bien vouloir dire mais je dois dire que je l'aimais bien, elle était vraiment intéressante et ne collait avec personne que j'avais pu rencontrer au cours de ma vie.
Je lui rendit son sourire.
- Si tu veux qu'on devienne amie va falloir le vouloir, à commencer par me montrer toutes tes fringues pour que je puisse t'en voler, plaisantai-je en m'avançant plus dans la chambre.
Elle poussa un petit cri de joie et me sauta une nouvelle fois dans les bras.
- Par contre je déteste ce diminutif dont tu t'affuble, faut ce foire une raison tu es pas un garçon, Léo c'est trop masculin, annonça-t-elle d'un ton catégorique en faisant une mine plus sérieuse .
- Tout le monde m'appelle comme ça depuis que j'ai 3 ans, répliquai-je étonnée.
- Oui mais moi je suis pas tout le monde, continua celle-ci avec un regard espiègle, je peux t'en choisir un bien à moi ?implora-t-elle.
- Amuse-toi, répondis-je devant sa mou super craquante, vous aussi vous n'auriez pas pu résister.
Je m'attendais au pire, un nom d'animal, ou de personnage de manga qui sait ?
Elle répondit presque une seconde plus tard.
- Lenny-chan, chantonna-t-elle.
Ça va je m'attendais à pire.
- « Chan » ?
- C'est un surnom affectif qu'on donne à une personne chère au japon, tu aimes ?
- Oui c'est c'est... c'est adorable, ..Soso-chan, ajoutai-je avec malice.
Elle me fit des gros yeux en prenant une expression moitié amusé moitié courroucée. Je saisit alors un oreiller noir sur son lit et le lui lança en pleine tête, elle ne se fit pas attendre pour riposter.
Je n'aurais su dire pourquoi ni comment mais jamais dans ma vie je ne m'était sentit aussi bien, chaque partielle de mon âme était détendu et joyeuse. Tout le monde d'ailleurs semblait heureux, je surpris même mon père à faire des blagues alors que d'accoutumé il était plutôt réservé. Ma mère toujours souriante avait l'air d'une fillette de 10 ans comme à son habitude parlant avec vivacité et de grands gestes inutiles. Tout semblait parfait, même un peu trop. Soso, c'est comme ça que je l'appelait, et moi discutâmes toute la soirée, j'appris d'ailleurs qu'elle jouait du piano et de la batterie, que son plus grand rêve était de devenir mangaka, oui vous savez les auteurs de manga, et qu'elle souhaitait plus que tout avoir un tatou, une espèce de raton laveur en voie de disparition, en tout cas elle les adorait. Mais quelque chose dans cette scène me troublais comme si je me trouvais dans la fin d'un film, ceux qui finissent toujours bien... ce sentiment persistait sans pour autant s'épanouir comme si il avait était absent, retardé par la joie que je ressentait, à chaque fois qu'il envahissait rien qu'une vague parcelle de mon esprit une vague de gaieté me submergeait.
La soirée semblait s'étendre en longueur, personne n'avait envie de se séparer, pourtant la fatigue me tiraillait les yeux et mes bâillements étaient devenus incontrôlable et régulier.
- Soso, tu peux me dire où sont les toilettes ? demandai-je sur une voix ensommeillée.
- Oh, je t'accompagne si tu veux ! dit-elle en se levant énergiquement avec un sourire.
Bordel elle fatigue donc jamais ?
- Heu ça sera peut être nécessaire, dis-je dans un petit rire.
Elle parut un peu gênée.
- Désolée je suis un peu trop envahissante des fois, mais les gens ils ne savent pas ce que sais de partager ses sentiments avec tout le monde sans pouvoirs le contrôler,..
Elle se stoppant devant mon air interrogateur, je...je veux dire que..que je suis assez communicative, oui quand je souris, on sourit, tu sais quoi... les toilettes ? Au fond du couloir à droite. Je ne sus dire pourquoi une vague d'inquiétude se propageai en moins, ce sentiment ne correspondait pas, le doute s'installait en moi sans être là, que voulait elle dire, partager ses sentiments avec tout le monde ? Oh, mon dieu ! C'est ma tête ça ? Le visage qui se reflétait dans le miroir, en face des toilettes, était abominable, mes longues boucles noires avaient perdus tout leur volume, mes grands yeux verts clairs étaient remplacés par deux tâches rouges de fatigue et mon teint déjà blême pouvait être comparé à la blancheur de celui d'Edward Cullen dans twilight. J'essayai d'arranger mon cheveux lorsque ma vision se brouilla et mon reflet devient flou, chancelant je me retint au mur, puis la maison des Landry disparut complètement, je me trouvai dans un lycée vide, mais je sentais encore le mur sur mes mains, il faisait nuit et je courai dans un couloir où les murs clair contrastaient avec le bleu nuit des casiers demi-ouverts, je me stoppai dans un hall qui donnait sur plusieurs autres couloirs où le nom de la spécialité enseignée était exprimé au dessus de leurs embrassures en lettres également bleu nuit, la seule lumière était le reflet de la lune filtrant par le plafond de verre. Je tournai sur moi-même, la peur assaillait mon âme, j'étai seule, mais une intuition me disait que j'était poursuivit, par quoi je ne sais pas, des bruissement s'élevaient de toute part autour de moi, mon c½ur battait à me rompre les côte, un rugissement s'éleva derrière moi et quelque chose sauta sur moi, je criai, elle me griffait, me mordait, je criai..... Puis tout revint, la maison des Landry, le papiers peint pêche que je n'avais pas lâché, le carrelage blanc, les lumières tamisées.
- Léo, ça va? appela mon père.
Avais-je crié ? Je tremblais avec tant de violence que mes jambes s'entrechoquèrent, et mes dents claquèrent. J'essayait de contrôler ma respiration saccadée, comme si j'avais courut, pour lui répondre.
- Ou..oui..oui t-tout va biien pa'p, je..je.. U-une arr-raignée, réussi-je à articuler.
- Attend j'arrive, cria Sophie.
- N-non.. Ssa va je..
Mais elle était déjà là. Elle me regardait complètement affalée sur le mur tremblante de la tête au pied, en sueur, livide.. Cependant sa réaction me stupéfia. Elle se pencha vers moi et m'aida à me remettre dans une position plus convenable, elle ne paraissait aucunement surprise ou choquée plutôt pensive.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle sur un ton sérieux que je ne lui aurait jamais imaginer, m'obligeant à la regarder dans les yeux.
- Je..je.. balbutiai-je.
- Tu peux tout me dire tu sais, dit-elle toujours étrangement sérieuse.
Un calme s'installa durant lequel j'essayai de me calmer, nous nous regardions toujours dans les yeux.
- Quand j'étais à Paris j'ai commencé à faire des rêves bizarres, je veux dire des cauchemars, certains incompréhensible, d'autres plus explicites, puis peu à peu je me suis rendu compte que ce que je voyais, ou plutôt vivais, lors de ces rêves se réalisaient; j'ai d'abord essayé de les empêcher, puis ils ont commencé à se manifester même quand je ne dormais pas.
- T'as des visions en fait, déclara t'elle sans le plus d'étonnement.
Je la regardai bouche bée.
- T'es parents se préparent à partir, dit elle en remarquant le bruit des chaises raclant sur le sol, je viendrais chez toi, je t'expliquerai tout ce que tu as à savoir sur cette ville et ce qui se passe ici. En attendant ce soir avant de te coucher bois un verre de lait et ajoutes-y ça, elle fouilla dans sa poche et sorti une petite plaquette de pilule rouge sang, soit tu l'avale d'un trait soit tu le dilue dans ton verre, tu n'en prend qu'un seul surtout pas plus, compris ?
Toujours abasourdi je tendis la main pour le prendre mais elle le dégagea de ma portée.
- Un seul, répéta-t-elle.
- O-oui, un seul, incapable de réfléchir.
- Léo, on rentre, appela la voix de mon père, me faisant réfléchir et bouger. Je commençai à partir le retrouver, puis me retournant.
- Demain tu m »explique tout ? m'assurai-je.
Elle sourit.
- Promis, je serais là à la première heure demain chez toi.
Et puis je rejoignit mon père, en saluant Clarence et Richard.